Comme tout animal d’élevage, les poules sont sujettes à diverses maladies qui peuvent affecter leur bien-être, réduire leur production d’oeufs et, dans les cas les plus graves, entraîner des pertes significatives dans votre cheptel. La bonne nouvelle, c’est que la majorité de ces maladies sont évitables grâce à une prévention adaptée. Apprenez à identifier les symptômes courants et à mettre en place les mesures sanitaires qui protégeront durablement votre élevage.
Les signes d’alerte : reconnaître une poule malade

Une poule malade change de comportement bien avant de montrer des symptômes physiques évidents. Soyez attentif aux signes suivants :
- Poule isolée du groupe, restant dans un coin
- Plumage ébouriffé et terne
- Baisse ou arrêt de la ponte
- Crête et barbillons pâles ou violacés
- Perte d’appétit ou consommation d’eau excessive
- Diarrhée ou fientes anormales (couleur, consistance)
- Éternuements, toux, écoulement nasal ou oculaire
- Difficultés respiratoires, bec ouvert
- Boiterie ou difficulté à se déplacer
Dès qu’un de ces signes apparaît, isolez la poule concernée pour éviter la propagation d’une éventuelle maladie contagieuse et observez-la attentivement pendant 24 à 48 heures.
Le coryza : l’infection respiratoire redoutée
Le coryza est l’une des maladies respiratoires les plus fréquentes chez les poules. Causé par la bactérie Avibacterium paragallinarum, il se manifeste par des éternuements, un écoulement nasal, un gonflement des sinus et une odeur désagréable autour de la tête. La poule respire difficilement et sa production d’oeufs chute brutalement.
Le coryza se transmet par contact direct entre poules et par l’air contaminé. Le traitement repose sur des antibiotiques prescrits par un vétérinaire (érythromycine, tétracycline). La prévention passe par une bonne ventilation du poulailler, l’absence de courants d’air et la mise en quarantaine de toute nouvelle poule avant son introduction dans le groupe. Pour concevoir un poulailler bien ventilé, consultez notre article sur la construction d’un poulailler.
La coccidiose : le fléau des jeunes poules
La coccidiose est une maladie parasitaire causée par des protozoaires du genre Eimeria. Elle touche principalement les poussins et les jeunes poules de moins de six mois. Les symptômes incluent une diarrhée sanglante, une perte de poids rapide, un abattement marqué et une forte mortalité si aucun traitement n’est mis en place.
Les coccidies se développent dans les litières humides et contaminées. La prévention consiste à maintenir une litière sèche, à nettoyer régulièrement le poulailler et à éviter la surpopulation. Des anticoccidiens (amprolium) peuvent être administrés dans l’eau de boisson en traitement curatif. Pour les poussins, un aliment démarrage contenant un anticoccidien préventif est recommandé.
La variole aviaire
La variole aviaire se manifeste sous deux formes. La forme sèche provoque des pustules croûteuses sur la crête, les barbillons et autour des yeux. La forme humide, plus grave, entraîne des lésions dans la bouche et la gorge qui gênent la respiration et l’alimentation.
Le virus se transmet par les moustiques et le contact direct. Il n’existe pas de traitement curatif, mais la plupart des poules guérissent spontanément de la forme sèche en deux à quatre semaines. Les lésions peuvent être désinfectées avec de la bétadine. La vaccination préventive est possible et recommandée dans les zones à risque. Notre article dédié à la vaccination des poules détaille le calendrier vaccinal complet.
La gale des pattes (gale knemidocoptique)
Causée par l’acarien Knemidocoptes mutans, la gale des pattes se reconnaît facilement : les écailles des pattes se soulèvent, s’épaississent et se déforment, donnant un aspect croûteux et blanchâtre. La poule boite et se gratte les pattes.
Le traitement est simple et efficace : badigeonnez les pattes avec de l’huile de cade ou de l’huile végétale épaisse (lin, olive) pour étouffer les acariens. Répétez l’opération tous les trois jours pendant deux semaines. En prévention, saupoudrez régulièrement les perchoirs et la litière de terre de diatomée alimentaire.
Les vers intestinaux (helminthiose)
Les vers intestinaux sont très courants chez les poules élevées en plein air. Les principaux parasites sont les ascaris (grands vers ronds), les capillaires (vers fins) et les ténias (vers plats). Les symptômes incluent un amaigrissement malgré un bon appétit, des fientes molles, un plumage terne et une baisse de ponte.
Le vermifuge est la base de la prévention. Administrez un traitement antiparasitaire deux à quatre fois par an, selon l’exposition de vos poules. Les produits à base de fenbendazole ou de lévamisole sont les plus couramment utilisés. En complément, l’ail frais dans l’eau de boisson et la terre de diatomée mélangée à l’alimentation contribuent à limiter l’infestation. Pour une alimentation complète qui renforce les défenses naturelles de vos poules, consultez notre guide alimentaire.
Les poux rouges et les poux mallophages
Le pou rouge (Dermanyssus gallinae)
Le pou rouge est un acarien hématophage qui se nourrit du sang des poules pendant la nuit. Il ne vit pas sur les poules mais se cache dans les recoins du poulailler le jour (fissures, dessous des perchoirs, pondoirs). Une infestation massive provoque anémie, stress, baisse de ponte et dans les cas extrêmes, la mort des poules.
Le traitement passe par un nettoyage en profondeur du poulailler au karcher, suivi d’un traitement à la terre de diatomée ou d’un produit acaricide homologué. L’utilisation d’un chalumeau sur les interstices du poulailler détruit efficacement les cachettes de poux rouges.
Les poux mallophages
Contrairement au pou rouge, les poux mallophages vivent en permanence sur la poule et se nourrissent de plumes et de squames. Ils sont visibles à l’oeil nu, surtout autour du cloaque et sous les ailes. Le traitement consiste à poudrer les poules avec de la terre de diatomée ou un insecticide en poudre adapté aux volailles.
Les mesures de prévention essentielles
La prévention est toujours préférable au traitement. Voici les mesures fondamentales pour maintenir un élevage sain :
- Hygiène du poulailler : nettoyez et renouvelez la litière chaque semaine. Désinfectez le poulailler à fond au moins deux fois par an
- Densité adaptée : respectez les normes d’espace par poule pour réduire le stress et la pression sanitaire
- Quarantaine : isolez toute nouvelle poule pendant deux à trois semaines avant de l’intégrer au groupe
- Alimentation équilibrée : une poule bien nourrie résiste beaucoup mieux aux maladies
- Eau propre : changez l’eau quotidiennement et nettoyez les abreuvoirs régulièrement
- Rotation des parcours : alternez les zones de parcours pour rompre le cycle des parasites
- Bain de poussière : aménagez un bac à poussière (terre, sable, cendre) pour l’auto-traitement antiparasitaire
Si vous élevez des poules pour la ponte mais aussi pour la chair, assurez-vous de ne jamais transformer une volaille malade ou en cours de traitement médicamenteux. Pour les volailles saines en fin de carrière, l’utilisation d’une plumeuse volaille adaptée garantit un plumage rapide et hygiénique lors de la transformation. Une bonne prévention sanitaire, c’est aussi la garantie d’une viande de qualité pour l’éleveur qui gère son cheptel de bout en bout.
Pour compléter votre arsenal préventif, découvrez aussi notre article sur le calendrier de vaccination des poules en 2026 et les obligations légales en matière de santé aviaire.
Vous élevez des volailles et souhaitez optimiser le plumage ?
